mercredi 28 juin 2017

Une jolie romance fantastico-historique... de qualité!

mercredi 28 juin 2017
Lorsque Caroline Costa m'a proposé de chroniquer son dernier roman, j'ai découvert non seulement cette histoire (et sa plume) mais aussi une maison d'édition que je connaissais pas : Les Editions du 38 et leur nouvelle (à priori) collection Corail (cette fois, c'est Corail impérial, il faudra que je demande des explications sur ces différences, d'ailleurs)... Anita, leur gentille éditrice m'avait proposé après la lecture de la chronique du premier tome de Conte de Faye (ici : Blue, Conte de Faye  ) de regarder les autres titres et de lui dire si je souhaitais en lire d'autres. Bien évidemment, j'ai accepté car j'avais été attirée par deux titres (enfin, surtout leur texte de présentation) particulièrement celui de Bernard Grandjean "La demoiselle de Rosling". En effet, la quatrième de couverture laissait entendre un voyage dans le temps et vous le savez, depuis Outlander, j'adore ça : c'est donc avec intérêt que je me suis lancée dans la lecture de ce nouveau Service Presse. Merci encore à Anita pour cet envoi car une fois de plus, j'ai vraiment été agréablement surprise par ce que j'ai lu car il s'agit là encore d'un roman de qualité bien que totalement différent de celui de Caroline, ce qui montre la richesse de cette collection (deux auteurs, deux réussites) Donc, avant même que je vous explique pourquoi j'ai apprécié ce livre, je ne peux vraiment vraiment que vous inviter à découvrir ces éditions : de plus, il semble (au vu des échanges avec certains auteurs) que les écrivains y soient appréciés à leur juste valeur et bien traités. Un bon signe, non? 

Comme toujours, voici la présentation de l'éditeur

30 juin 2014. Alors qu’il visite le parc du château de Rosling, en Bavière, François Thiébaud-Leconte est surpris par un terrible orage. Il se réfugie dans la grotte de Pan, interdite au public. Quand l’orage se calme, il découvre à ses côtés, assise sur le banc de pierre, une jeune femme en larmes, bizarrement vêtue d’une longue robe d’époque XVIIIe.
Elle tient des propos incohérents, se croit le 30 juin 1753, et soutient qu’elle habite le château de Rosling, propriété de son oncle Maximilien de Lüttenberg qui l’a recueillie à la mort de ses parents.
François, tout en cherchant une explication rationnelle à cette fantasque situation, se laisse peu à peu prendre au charme de la jeune Luise de Wildbach. Il l’emmène chez lui, bien décidé à démêler le vrai du faux de cet imbroglio spatio-temporel, aidé par ses amis, et surtout par le professeur Hans-Martin Weber, un érudit spécialiste du XVIIIe siècle, séducteur et libertin qui ne laisse pas Luise indifférente.
Une belle histoire romantique, pleine d’humour, qui nous fait naviguer du XVIIIe au XXIe siècle, et n’est pas sans rappeler par certains côtés les romans de Jane Austen (accommodés à la sauce moderne et bavaroise).


Mon avis : Comme je l'ai dit au départ, j'ai beaucoup beaucoup apprécié ce roman, notamment par sa richesse historique et son style travaillé : c'est un écrit de qualité. Bien sûr, il s'agit d'une romance mais je trouve qu'elle a ce quelque chose en plus puisque l'on apprend avec elle : je vous rappelle que bien qu'ayant une trame fantastique, c'est aussi une romance historique. Or, vous me connaissez maintenant, je suis curieuse et forcément la prof que je suis va vérifier les sources (bon, pas toutes, hein? mais une partie d'entre elles) et mieux, cela m'a donné envie de creuser cette époque du XVIIIème siècle en Allemagne (je connais assez bien ce siècle en France) et cela a renforcé mon envie d'aller en Bavière voir les châteaux (et pas seulement ceux de Louis II)! Mais ne croyez pas que ce soit un roman élitiste, pas du tout : c'est juste que moi, j'ai eu besoin d'aller vérifier certains détails, voire de les creuser mais ce n'est nullement nécessaire pour apprécier cette histoire qui traverse le temps. Je voulais cependant, dès le départ, signaler la qualité de travail de ce romancier que je ne connaissais pas avant (visiblement, il a écrit d'autres romans (pour certains "sérieux" d'après ce que j'ai lu (enfin, sérieux, j'aimerais bien savoir ce que cela veut dire, moi)  et je vais me pencher dessus, c'est sûr) et souligner aussi son travail sérieux de recherches. J'ai juste un petit bémol, la fin... mais j'y reviendrai ;) 

Comme toujours, laissez-moi vous raconter le début de l'histoire, histoire de vous convaincre de lire ce roman ;) Le chapitre 1 nous plonge directement dans l'action (une fois de plus, bon, allez, je vous ferai grâce de mon expression favorite) puisque le héros se trouve sous un déluge et qu'il cherche un coin pour s'abriter alors qu'il visite un château, celui de Rosling, évidemment. Or, comme il est éloigné des bâtiments pour se promener dans les jardins, il n'a pas d'autre choix de se réfugier dans une partie interdite, une "grotte", surnommée ainsi en raison de emplacement plus bas que le sol du parc, et surtout en mauvais état et sur le point de s'écrouler. Pourtant, la pluie drue qui fait rage à l'extérieur, le pousse à prendre le risque et à rentrer dedans pour attendre au sec. En plus, il y a un banc de pierre, pour les promeneurs, ce qui rend l'attente plus confortable. Il en profite donc pour regarder autour de lui, en attendant que cela se calme et note le socle d'une statue disparue, celle de Pan (un dieu antique et bucolique, tantôt farceur, tantôt peu bienveillant (il est à l'origine du mot "panique" nous explique-t-on car il aimait faire peur aux gens à qui il apparaissait) et souvent associé aux satyres qu'il côtoyait : c'était un séducteur et un fripon et bien sûr, un remarquable musicien puisqu'on lui attribue la naissance de la fameuse flûte de Pan qui aura son importance dans cette histoire et qui, selon la légende, avait un pouvoir magique). 
On apprend aussi que notre héros est un enseignant français, qui vit à Munich depuis 5 ans et qu'il avait décidé de visiter ce château parce que c'est un passionné de visites en tous genres (comme je le comprends lol il ne pouvait donc que me plaire ;) ) mais qu'il était fort déçu (le château avait été détruit et reconstruit au plus vite, sans aucun respect pour les vrais amateurs d'histoire) il avait donc décidé de se promener dans le parc, qui lui semblait être fidèle à l'époque et c'était donc là qu'il avait découvert cette mystérieuse grotte de Pan, inaccessible au public.
 C'est dans cet état d'esprit nostalgique d'un passé révolu qu'il attend dans cette grotte, se prenant à rêver à ce qu'avait été la vie au XVIIIème siècle dans ce château, quand il n'était pas factice, quand ses habitants y vivaient, se promenaient et pourquoi pas, venaient s'asseoir sur ce banc... il laisse alors son esprit vagabonder et imagine une belle jeune femme à cette même place, quelques siècles auparavant... et c'est ainsi, que le temps s'écoulant, au bruit de la pluie qui tombe à l'extérieur qu'il  se met à somnoler... pour se réveiller quelques temps plus tard, toujours sur son banc... en compagnie d'une jeune femme, en larmes et surtout en habit d'époque! 
Vous comprenez bien que le jeune homme est déstabilisé : non seulement, il ne l'a pas entendue rentrer dans la grotte (il pense qu'elle est venue aussi se réfugier pour échapper à la pluie et qu'elle est habillée ainsi, soit parce qu'elle participe à une soirée folklorique, soit parce qu'elle est l'une de ces "actrices" qui animent les visites de château) mais en plus, elle pleure (ah les hommes face aux larmes des femmes ^^ ) et pire, elle s'exprime dans un vieil allemand et ne semble pas vraiment comprendre non plus ce qu'il lui dit et qui il est. Très vite, il réalise qu'il y a quelque chose qui lui échappe parce qu'elle semble le prendre lui aussi pour ce qu'il n'est pas et tous deux vont se tester (j'ai adoré l'allusion à monsieur DE (hum, c'était un bourgeois, il n'était pas noble, bizarre, ça!) Voltaire, qui, en effet, a passé de nombreuses années en Prusse (l'ancien nom de l'Allemagne, majoritairement) à la cour du roi Frédéric II et qu'il a quittée fâché, même si là, nous sommes en Bavière, royaume indépendant). Ils comprennent alors rapidement qu'ils ne sont pas de la même époque mais ne savent pas pourquoi la jeune femme est arrivée... et ça, bien sûr, ce sera à vous de comprendre pourquoi elle lui est apparue et surtout, si elle peut (et veut) retourner dans son époque ;) François l'emmène donc chez lui et va la présenter à ses amis qui le prennent évidemment pour un fou, au départ MAIS MAIS la présence d'un spécialiste universitaire du siècle des Lumières va confirmer que la jeune femme est vraiment ce qu'elle prétend être et alors là?! et bien, je vous le dis, pour en savoir plus, il faut lire cette très bonne romance. ;) 

François Thiébaud-Leconte est un jeune enseignant qui est plutôt bien dans ses baskets ou devrais-je dire, dans ses mocassins. Il vit en Allemagne depuis des années et est assez calé en histoire. C'est un célibataire qui profite de la vie mais la rencontre avec Luise Von Wildbach, arrivée tout droit du XVIIIème siècle, va changer sa vie à tous points de vue : non seulement, lui qui est plutôt terre à terre et a un esprit pascalien va devoir remettre en question ce en quoi il croyait comme acquis depuis toujours. De plus, la jeune femme lui plait et il aimerait vivre quelque chose de plus avec elle mais celle-ci ne sachant pas ce que l'avenir (ou le passé ici) lui réserve, refuse de s'engager (et comme c'est une jeune femme du siècle des Lumières, hors de question d'avoir une liaison hors mariage) et il en est bien malheureux. Cependant, il est prêt à tous les sacrifices pour elle et même à affronter le temps. Il n'y a qu'à la fin justement qu'il m'a agacée car je trouvais que cela ne correspondait pas au reste du roman et qu'il allait trop loin dans ces choix... cela ne m'a pas d'ailleurs convaincue, voire m'a un peu énervée après lui. (je vous laisse découvrir pourquoi et espère que vous viendrez me dire ce que vous en pensez) 

Luise, elle, est une jeune héroïne fort intéressante car atypique : elle a 20 ans certes et donc, toute la fougue de sa jeunesse, mais se retrouver projeter 400 ans hors de son époque, sans comprendre le pourquoi du comment et ne pas craquer, bravo (est-ce réellement d'ailleurs crédible? je ne sais pas mais il est évident qu'elle est un peu plus cultivée que la majorité des femmes de cette époque) Elle décide de faire confiance à François et va découvrir tout un monde et une époque inconnue, dans laquelle elle se glisse assez facilement, malgré parfois quelques crises de larmes, mais plus parce qu'elle ne sait pas ce que l'avenir lui réserve (ou le passé) que d'être séparée de tous les siens. J'ai aimé le décalage entre les deux jeunes gens car Bernard Grandjean a fait en sorte de lui attribuer un "français un peu vieillot et plutôt littéraire". Elle est assez brillante, cultivée mais aussi mutine et finalement plus courageuse que François : elle affronte les obstacles avec brio tout en restant fidèle à ses convictions. Mais surtout, elle refuse de s'engager avec qui que ce soit (elle comprend vite que François (mais pas que) est attiré par elle) tant qu'elle ne sait pas ce qu'elle deviendra. Elle doit donc à la fois faire face à une époque inconnue mais aussi régler ce qu'elle a laissé en suspens dans son époque et qui pourrait impacter sa vie en 2014.

Les personnages secondaires sont assez intéressants aussi, notamment le professeur d'université Hans-Martin Weber qui est un spécialiste du XVIIIème siècle et qui connait particulièrement le libertinage en vogue à cette époque. Il apporte la crédibilité à cette histoire et surtout nous donne des renseignements historiques fort judicieux. Vous comprenez bien que quand on est comme lui une sommité dans son métier et que vous avez l'occasion de croiser l'incarnation vivante de ce que pourquoi vous avez vécu tout votre vie, ce n'est que du bonheur... mais mais ^^ là, encore, je vous laisse découvrir ce personnage atypique. Il y a bien sûr, les meilleurs amis de François Joachim et Eva mais aussi le "descendant" de Luise "Albrecht von Vidlbach", un personnage haut en couleur, mystérieux et drôle à la fois ou encore l'oncle et la marraine de Luise ainsi que l'affreux cousin Ignatz qui a des vues sur la jeune femme. Bref, on croise et se croisent des personnages appartenant et au présent, et au passé et c'est ce qui rend ce récit fort intéressant, chacun gardant les caractéristiques de son époque.

Enfin, comme je vous l'ai dit, dès le départ, le style est vraiment plaisant et cultivé : on sent que ce monsieur a l'habitude d'écrire et que visiblement, il s'est amusé à mélanger les époques, les parlers et les genres : romance et culture. Il y a un travail réel de recherches et ma fois, c'est fort agréable. 

Mon seul bémol sera la fin qui m'a laissée sur ma faim et à laquelle je n'ai pas totalement adhéré en raison des dernières décisions de François, que je ne trouvais pas en totale correspondance avec le reste de son caractère. De plus, il m'a manqué un épilogue : on y est habitué maintenant, et là, plus que jamais, il aurait été nécessaire. S'il y avait donc une suite, j'en serais ravie.

Mais vous l'avez compris, j'ai beaucoup beaucoup aimé ce roman et ne peux que vivement vivement vous le recommander. Merci encore à Anita pour me l'avoir envoyé en service presse. C'est une vraie découverte et trouver Voltaire dans ce type d'ouvrage (même si on ne le rencontre jamais) est un vrai régal pour la littéraire que je suis. Je vous le redis cependant, ce n'est pas un livre élitiste : non, l'auteur s'amuse (et nous avec) et cela se sent.

Donc, pour le commander sur Amazon (papier ou ebook), c'est par ici : La demoiselle de Rosling

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