mercredi 13 avril 2022

Un road trip au coeur des Etats Unis entre désespoir et espoir...

mercredi 13 avril 2022

 Je connais les romans de Pauline Libersart depuis pas mal d'année, maintenant et force est de constater qu'elle ne cesse de se renouveler : après un slow burn que j'avais beaucoup aimé "Juste ma coloc" (chronique ICI  ), elle prend le contre-pied inverse puisque cette fois, nos deux héros ne vont pas perdre de temps en préliminaire... mais vous imaginez bien que ce ne serait pas un roman si tout était rose depuis le départ : au contraire, Amber est une jeune femme suffisamment désespérée pour s'enfuir de chez elle et accepter le marché odieux (soyons clairs) que lui propose Derek afin de l'emmener dans son camion, afin de traverser les USA à bord de son camion : mais l'alchimie est là et nos deux héros vont apprendre à se connaître lors de ce périple qui les emmène de Miami à Seattle. Mais peut-on connaître quelqu'un en une semaine et envisager une vie ensuite? Sans doute pas, surtout au vu de leur rencontre mais aussi des bagages émotifs et familiaux que tous deux trainent lorsque commence ce roman... mais mais .... à vous d'aller découvrir ce que réserve l'avenir à ces deux êtres que tout sépare et qui ne devait que faire un voyage ensemble.

Ce roman a eu une version sous forme de nouvelle (mais je ne l'avais pas lue, c'était donc une totale découverte pour moi). La version longue est sortie le 16 mars en auto-édition (ebook et broché) et je ne peux que vous le conseiller : il se lit rapidement et avec plaisir.
Merci à Pauline pour son envoi en service presse et sa confiance.

Pour l'acheter, c'est ici : https://amzn.to/3DO5TZJ (ebook) 


Présentation de l'éditeur
: (extrait après la chronique) 

Partez pour un road trip à travers les Etats-Unis !

Pour fuir Miami et une famille minable, sans argent, je n’ai d’autre choix que l’auto-stop pour aller à Seattle. Lorsque ma route croise celle de Derek qui sillonne le pays au volant de son monstre mécanique, je pense un instant avoir de la chance. Mais...

Comment ai-je pu croire que cette fille mignonne et gentille était une voleuse ? J’ai été un vrai connard avec Amber. Les règles m’interdisent de prendre une auto-stoppeuse, je ferai une exception... surtout qu’il suffirait de peu pour que je tombe amoureux.

Mon avis : Franchement, j'ai beaucoup aimé :) C'est un roman en deux temps (je vous laisse découvrir pourquoi) et à deux voix (on a donc les deux points de vue) et la majorité du roman est consacré à ce road trip qui nous entraine à la découverte des USA : nous avons donc de jolies explications et descriptions de paysages américains qui nous donnent bien envie, nous aussi, de monter dans un de ces camions impressionnants que l'on voit à la télé. Attention, si vous n'aimez pas cela, pas de souci, ce n'est pas ce qui domine mais bel et bien la romance entre Derek et Amber et son développement : or, il faut dire que ça part assez mal, car comme il l'est dit dans le résumé, au départ, il se conduit comme le roi des connards (et c'est un euphémisme!) Même s'il réalise très vite son erreur, elle est faite et a marqué la jeune femme qui n'avait déjà pas une bonne opinion d'elle-même : en effet, elle a une mère affreuse et a dû partir de chez elle brutalement en n'emportant qu'un sac à dos. Elle est donc à la merci du jeune homme et elle n'apprécie pas du tout de lui devoir quelque chose, même s'il fait tout pour essayer de se faire pardonner sa conduite du départ et qu'il voit bien que la jeune femme est sensible à son charme. 

 En effet, même si Derek agit très mal au départ et que c'est le genre de type qu'on pourrait vite détester, Pauline a su trouver les mots justes pour que notre regard sur lui change rapidement et qu'on l'apprécie au fur et à mesure du roman. Lui aussi est jeune et semble avoir une vie bien différente de la jeune femme : c'est son premier grand voyage au volant de ce monstre d'acier et il compte bien mener sa cargaison à bon port, quitte parfois à prendre des risques. Toutefois, il demeure responsable et sait se faire respecter. En revanche, il ne réalise pas vraiment que sa compagne est jeune et qu'elle a des blessures qu'elle doit soigner avant de pouvoir avoir une vraie relation et surtout qu'elle doit retrouver le respect d'elle-même. Il est parfois patient mais aussi impatient ; excepté le début, on réalise que c'est un type bien sur qui elle pourrait s'appuyer. Mais on peut aussi comprendre qu'Amber ait besoin de se construire une vie : elle m'a souvent fait de la peine et on a envie aussi par moment de la secouer pour qu'elle lui fasse davantage confiance. En revanche, sa volonté de s'en sortir seule, sans dépendre d'un homme comme sa mère, ne peut que susciter notre admiration car la vie n'a pas été tendre avec elle et même si elle fait des erreurs de jugement, on lui pardonnera bien volontiers, car elle aussi, est une fille bien. 

 Vu que c'est majoritairement un road trip, il y a peu de personnages secondaires dans la première partie, il faut attendre la seconde pour en découvrir et je l'avoue, j'ai préféré cette deuxième partie : soyons clairs, le voyage en camion, la romance qui se met en place, la découverte de ce métier méconnu (après, je pense qu'être routier en France et être routier aux USA n'a rien à voir, ce pays étant un continent à lui tout seul avec ses dangers aussi bien climatiques que venant de la route, je n'en dirais pas plus) Mais quoi qu'il en soit, c'est un métier difficile avec des timings à respecter, la solitude (même si là,  Amber est présente) et le fait que le chauffeur est seul avec tout ce que cela suppose, même si le confort du camion que conduit Derek est du haut de gamme (et offre donc des avantages que la plupart n'ont sans doute pas), il n'en demeure pas moins qu'ils doivent attendre d'être au bon endroit pour pouvoir se garer, se doucher, manger sans que leur cargaison ne soit en danger.

 La seconde partie, quant à elle, m'a davantage plu pour différentes raisons et sans doute parce que nos personnages ont évolué aussi bien dans leur relation que leur vie. Sachez simplement que j'ai adoré Maya... mais qui est-elle? je ne vous en dis pas plus.

Mon regret est qu'il aurait pu être encore un peu plus long :) ben oui, j'aurais bien aimé passer davantage de temps en leur compagnie : sans doute que ceux qui ont lu la nouvelle ou novella probablement ont apprécié cette réécriture plus approfondie mais pour moi, c'était une découverte et j'en aurais aimé encore plus.

Je vous le conseille donc vraiment si vous aimez les romances entre deux inconnus forcés de cohabiter et qui vont se découvrir mais aussi les grands voyages et leur lot de surprises. 

Extrait : (pris sur Amazon) 

DEREK

Je fais le tour du bahut, vérifiant avec attention l’état des pneus, leurs structures et leur gonflage, mais également que les portes arrière de la remorque ont bien été closes et les scellés correctement posés par le représentant des affréteurs.

C’est mon job, ma responsabilité. Je suis le conducteur de cet énorme attelage. D’un signe au chef de quai, je lui indique que tout est OK avant de m’exclamer :

— Roule ma poule !

Blague pourrie et parfaitement débile, mais j’avais parié avec l’une de mes sœurs que je la placerais au moins une fois sur ce voyage.

La glace trois chocolats est pour moi. Il valait mieux que je la fasse à quelqu’un me connaissant – et qui confirmera à ma frangine que je l’ai dit ! –, habitué à mon sens de l’humour un peu particulier plutôt qu’à un client qui risquerait de me prendre pour un taré.

Par le marchepied chromé, je grimpe à bord du monstre mécanique qui va me servir de maison pour les sept prochains jours, un Kenworth W900.

Devant la beauté et la puissance de cet engin de combat, je trépigne d’impatience de prendre la route.

AMBER

La porte de la maison claque violemment derrière moi.

En deux pas rapides, j’atteins cet imbécile de portillon grillagé à moitié rouillé qui résiste – comme d’habitude – quand je tente de l’ouvrir.

Pas le temps de jouer, je lui balance un coup de pied rageur, contente de porter mes tennis. Il valdingue et je déboule à toute allure sur le trottoir. Par où partir ? Dans quelle direction ?

Le bus ! Je pique un sprint, traverse la rue en zigzaguant, faisant de grands gestes au chauffeur pour qu’il m’attende.

Un bref coup d’œil par-dessus mon épaule ne montre rien d’inquiétant. Il semble que personne ne se soit lancé à ma poursuite, mais je ne vais pas m’éterniser pour en être certaine.

Je grimpe à bord toujours en courant, freinant à l’ultime seconde avant de sourire au conducteur – l’air de dire que tout est normal et que je suis juste en retard –, et validant consciencieusement mon titre de transport.

C’est la dernière trace que je laisse derrière moi. J’ai vu suffisamment de séries policières pour savoir comment on retrouve les fuyards. Je vais gérer..."

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